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Comment bien préparer l’arrivée d’un-e nouveau-velle salarié-e sur son exploitation ?

Mardi 27 octobre 2020 - Une arrivée d’un-e salarié-e mal préparée peut avoir des répercutions lourdes : un accident de travail, l’engagement de la responsabilité civile ou pénale de l’exploitant-e si l’application du code de travail n’est pas respectée, ou encore, une relation de confiance abîmée. L’intégration d’une nouvelle personne sur une exploitation exige de veiller à sa sécurité, d’entretenir un bon relationnel pour poser les bases d’une collaboration de qualité, dans une confiance réciproque. La première impression du-de la salarié-e participera à son engagement et à sa fidélité. Une étape à ne pas louper !

Pour plus d’informations, vous pouvez visionner le replay de la conférence animée par Guillaume, animateur santé-sécurité au SDAEC-TERRALLIANCE, organisée pour le SPACE 2020, disponible en bas de page.

En amont de l’arrivée

Réaliser, mettre à jour et diffuser le DUER de son exploitation.

Le Document d’Évaluation des Risques (DUER) a pour vocation d’identifier, d’évaluer et de réduire les risques sur l’exploitation. C’est aussi un document support pour aider le-a salarié-e à prendre connaissance des mesures de prévention et de protection à respecter pour effectuer certaines tâches, utiliser certains matériels. Il faut impérativement s’assurer que le-la salarié-e signe le DUER afin de pouvoir affirmer qu’il en a bien pris connaissance.

Vérifier et mettre à disposition l’ensemble de la documentation propre à son exploitation.

S’assurer que les informations utiles et réglementaires sont affichées : numéros d’urgence, horaires de travail... sans oublier la mise à disposition des notices des médicaments, les manuels des machines utilisés ou les fiches de données de sécurité des produits chimiques.

Le règlement intérieur, même s’il n’est pas obligatoire sur les exploitations de moins de 50 salarié-e-s, permet de formaliser les règles de travail et de vie sur votre exploitation. Exemple : interdiction de consommer de l’alcool, obligation de port des EPI, organisation du travail.

Pour l’arrivée d’un-e salarié-e de remplacement, la mise en place d’un protocole de consignes facilite la continuité de l’élevage en votre absence. Consigner les détails clés comme les coordonnées du vétérinaire, de l’électricien, la position des vannes de gaz, d’eau ou les armoires électriques fera gagner un temps précieux à la personne en charge de vous remplacer.

S’assurer de la présence des équipements santé-sécurité obligatoire ou non.

Extincteurs révisés, trousse de secours adaptée aux risques de votre activité, kit covid-19 (gel hydroalcoolique, masques et lingettes désinfectantes) sont le minimum des équipements à mettre à disposition des salarié-e-s. 
Dans le cadre de la pandémie de la covid-19, les lingettes permettent la désinfection des espaces contacts, autrement dit, les outils communs comme le tracteur ou les machines qui pourraient être vecteurs de propagation du virus.

Sans oublier, un téléphone pour prévenir en cas de panne machine ou alerter en cas d’accident grave si le-la salarié-e ne pouvait se déplacer. Un téléphone basique avec un forfait à 2 € est largement suffisant.

Veiller à garder l’exploitation propre et rangée.

Le respect des normes d’hygiène et de propreté sur l’exploitation favorise le bien-être des salarié-e-s : des vestiaires pour qu’ils puissent se changer et avoir de l’intimité, des toilettes propres et fonctionnelles, des douches (obligatoire en fonction du type d’élevage). Veillez à garder les espaces communs propres et rangés ; ils sont souvent risques d’accidents (chutes, glissades, coupures). 

Anticiper l’organisation du travail.

Avoir pensé votre nouvelle organisation de travail est une donnée clé pour la réussite de l’arrivée et l’intégration d’un-e salarié-e. Il faut y réfléchir lors de l’élaboration du poste à pourvoir, en discuter ensemble lors du recrutement et dès l’arrivée du-de la salarié-e clarifier les rôles de chacun-e et répartir les tâches. 
Pour éviter les risques de maladies professionnelles (ex : tendinite), veillez à répartir entre tous les tâches pénibles et/ou physiques et à adapter le matériel.

Le jour J et après…

Être disponible pour accueillir et présenter votre exploitation.

Anticipez le premier jour du-de la salarié-e sur une journée où vous êtes disponible. Il faudra l’accueillir, présenter les rôles de chacun, l’organisation et le fonctionnement de votre entreprise, lui faire part de vos attentes. 

La visite de l’exploitation est une étape clé : faites-lui découvrir le matériel, le troupeau mais également les toilettes, les vestiaires, la salle de pause, etc. En fin de journée, prenez le temps de faire un debriefing sur son arrivée, son vécu afin d’être en mesure de planifier la suite dans la formation et l’accompagnement dans sa prise de fonction. 

Remettre les équipements de protection individuelle (EPI).

Il est de la responsabilité de l’exploitant-e de fournir à chaque salarié-e les équipements de protection individuelle : vêtements de travail, côtes, bottes, chaussures de sécurité coquées et anti-dérapantes (pour les exploitations où il y a un risque d’écrasement), gants, lunettes, casque anti-bruit. 

En impliquant le-la salarié-e dans le choix de ses EPI, vous vous assurerez qu’il les portera plus facilement car ils seront à sa taille et à son confort. Sans oublier de montrer vous-même l’exemple en portant vos propres équipements systématiquement.

Former ses salarié-e-s.

Réglementairement, le-la chef-fe d’entreprise doit former ses salarié-e-s à la santé et la sécurité : utiliser le DUER comme document support pour la formation, former à l’utilisation des machines (modèles, ancienneté, particularité) et surtout des machines à risque comme la désileuse ou la pailleuse et former à l’intervention de maintenance sur ces machines et/ou les procédures à suivre.

Penser à faire vérifier l’aptitude médicale de vos collaborateur-tices-s, ne pas oublier la visite médicale à l’embauche, et demander l’aptitude au travail en hauteur et à la conduite des engins de levage s’ils sont amené-e-s à faire du travail en hauteur ou conduire des engins d’élevages.

Prévoir un programme de formation individualisé grâce à des organismes de formation et le compte CPF du-de la salarié-e.

Faire des points réguliers avec votre collaborateur-trice.

La communication avec le-la salarié-e est primordiale, elle peut créer du mécontentement, générer des frustrations et induire des accidents de travail. Des points d’étapes réguliers sont conseillés pour rester à son écoute : un point au bout d’une semaine, un bilan à la fin de la période d’essai et réaliser des entretiens annuels ou trimestriels.

Voir le replay de la conférence