Les 5 clés pour bien manager un-e salarié-e à temps partagé.

À l’heure où la main d’œuvre agricole est volatile, voire rare, le management a un rôle clé sur la fidélisation des collaborateur-trice-s. Le travail à temps partagé n’y échappe pas !

Il nécessite un management habile où chaque partie prenante, salarié mis à disposition, utilisateur et le groupement d’employeurs doit bien comprendre son rôle et sa place pour, qu’ensemble la relation professionnelle soit de qualité et soit pérenne.

1- Identifier et partager le rôle de chacune des parties prenantes en collaboration.

À temps partagé, l’adhérent-e et le groupement sont co-employeurs.

Le rôle de l’adhérent-e :
assurer le management opérationnel du salarié-e.

L’adhérent-e doit penser, préparer et organiser le travail, le mettre en musique pour que le-la salarié-e puisse prendre rapidement son poste de travail. Il doit assurer les conditions de santé et de sécurité sur son exploitation.

Le rôle du groupement d’employeurs :
assurer le management hiérarchique du salarié-e
et le conseil auprès de l’adhérent-e.

Il doit assurer le suivi et l’évolution du-de la salarié-e. Pour l’adhérent-e, il a un rôle de conseil et de médiateur à sa demande. Il est facilitateur dans la relation de travail et gère l’ensemble des tâches administratives.

Le rôle du salarié-e :
accomplir les activités qui lui sont confiées
dans le respect des consignes de l’adhérent-e.
Rendre compte au groupement d’employeurs.

Le-la salarié-e à temps partagé doit pouvoir travailler sereinement avec son manager fonctionnel et opérationnel et savoir faire la différence sur les sujets qu’il-elle doit remonter à son groupement. Il-elle doit privilégier les échanges directs avec l’éleveur-euse pour tout ce qui concerne les tâches sur l’exploitation, l’organisation du travail, les congés, … et en informer son manager hiérarchique pour le suivi administratif.

Retrouvez la liste des rôles et missions de chacun ici :

2 - Expliquer, former et partager
pour bénéficier de l’autonomie le plus rapidement possible.


À temps partagé, un-e salarié présent-e s 2 jours par semaine par exemple, en tout état de fait, mathématiquement aura besoin de 10 semaines pour acquérir l’expérience d’un mois de temps de travail à temps plein ! Les premières semaines doivent être consacrées à l’adaptation à l’environnement de travail, aux méthodes de travail, à la formation et au partage des pratiques professionnelles spécifiques à l’exploitation.

La mise en confiance et montée en compétences du salarié-e vous permettront d’acquérir, plus rapidement, l’autonomie nécessaire au bon fonctionnement des mises à disposition.

3 – Trouver ensemble un fonctionnement
qui convient à tous. Se poser les bonnes questions au quotidien.


Les besoins des adhérent-e-s sont différents et les attentes personnelles des salarié-e-s aussi ! Pour fidéliser la main d’œuvre et trouver un bon équilibre dans le travail à temps partagé en agriculture, il est nécessaire de prendre en compte les exigences et les attentes de chacun.

Être claire sur son besoin : avant l’embauche du-de la salarié-e, avoir d’ores et déjà identifier les tâches récurrentes ou le travail de base à réaliser permet de trouver le profil adapté aux besoins de l’exploitation et d’éviter les déceptions : cela se prépare.

La mise en place d’une routine quotidienne ou planification d’une journée type, assure plus d’efficacité dans l’organisation de la journée de travail. S’appuyer sur des consignes écrites sur un tableau ou un cahier permet de préciser les priorités au quotidien. Sans oublier le tableau de transmission visible de tous-toutes.
Se parler est la clé pour éviter les non-dits et imaginer ce que l’autre pense.

4 – Communiquer de façon directe et au bon moment.


Une solution en quatre mots : transparence, bienveillance, canal court. Toujours favoriser le canal le plus direct pour communiquer : l’échange verbal.

Pour demander ses congés, pas besoin de passer par le groupement si tous sont d’accord. En cas de désaccord, le groupement se positionnera comme médiateur, facilitateur de la relation, en assurant sa fonction hiérarchique et arbitrera dans l’intérêt collectif. Attention à ne pas laisser filer le temps dans des situations où un médiateur est nécessaire car ce qui n’est pas dit au bon moment peut générer des incompréhensions.

Si en tant qu’adhérent-e vous souhaitez changer le temps de mise à disposition, par principe de bienveillance et de transparence, échangez-en avec le-la salarié-e puis parlez-en au groupement. Quand tout le monde est au même niveau d’information, c’est toujours plus facile.

5 - Féliciter, encourager, savoir dire quand ça ne va pas mais également quand cela va bien.

Un manager qu’il soit opérationnel ou hiérarchique doit savoir dire ce qui va et ce qui ne va pas.

Faire progresser un collaborateur-trice passe par la transmission et les feedbacks sur son travail. Il est plus simple d’illustrer par des situations concrètes ce qui en facilitera la compréhension et vous rendra le plus objectif possible. Il arrive qu’on se rende compte que quelque chose n’a juste pas été bien compris.
Pensez à encourager et féliciter les actions positives et essayez de trouver des solutions ensemble aux pratiques moins appropriées. Les salarié-e-s choisissent le travail à temps partagé pour apprendre et acquérir de l’expérience rapidement et sans routine.

Pensez à partager avec le groupement tous les aspects positifs afin d’afficher une forme de reconnaissance et ainsi fidéliser les salarié-e-s.

Savoir reconnaitre le salarié dans ce qu’il apporte à la bonne conduite de l’exploitation !